Décadence

...parce qu'en tout fondationneux se cache un conteur, un poète ou un barde

Décadence

Messagepar Zheltorn » Lun Nov 19, 2007 1:01

[EDIT : Oup's, trompé de sous-forum, si quelqu'un pouvait déplacer dans récits et poèmes...]

Zheltorn, bloqué dans sa schizophrénie… ne pouvait s’empêcher de délirer, et assassiner par manque d’affections.
Ses femmes ne lui suffisaient plus.
Il décida de décrire un rêve qu’il a fait, concernant son avenir, et sa vision actuelle des choses.

Et surtout, ce qu’il comptait offrir à ses victimes… l’enfer.


Une nouvelle fois, la voûte céleste s’ouvrit et la lumière frappa le couple de survivants.

Les dieux, les auraient-ils entendu ? Entendu leur appel ?
Enfin, ils en auraient fini, et seraient comme les autres, enlevés… leur âme donnée aux ténèbres.

Ils se levèrent, main dans la main, fermant les yeux, espérant une mort rapide… se disant qu’ils s’aiment.

La porte était là… mais était-ce réellement le pire pour eux, d’aller en enfer ?

La vue de leurs anciens confrères, mort, devant leurs yeux… envahissant ce monde désolé. L’enfer était le paradis, comparé à l’abyme ténébreuse du mal de la chaire, et de l’âme que pouvait endurer un être physique.

Les dieux n’allaient pas faire preuve de bonté. Pourquoi les emmener en enfer ? Alors qu’ils y sont déjà ?

Un chuchotement raisonnait désormais dans l’antre obscur, agenouillement les Survivants, de douleur…

« La passion donne la force… une force qui donne en espoir… un espoir qui torture l’âme d’un vulgaire mortel… la compassion n’est autre que le mal, à l’état pur… »

La Voûte Céleste se referma, et une obscurité repoussa la moindre lumière qui éclairait encore ce monde. Le couple était là, dans le noir, à se morfondre, pleurant et souffrant, entrelacé.

Quelques minutes plus tard, une clarté minime, laissant à peine entrevoir le sol apparut.
Le couple à genou, se releva, et commença une marche, vers la survie.

Vivre pourquoi ? L’amour était la dernière chose qu’il leur restait, et leur courage était trop faible, pour leur permettre d’aller de leur gré en enfer.

Le couple se mit à rigoler… sans s’arrêter, tous deux eurent un fou rire.
La folie ne serait donc que le seul résultat de la solitude ? De l’effet de la vision de la mort, sur un mortel ?

Le couple continuait de marcher, enjambant les corps déchiquetés de leurs pairs.
Les Dieux se mirent au défi, de voir ce couple survivre, grâce à leur croyance en l’amour.
La seule récompense serait donc, le droit d’aller en enfer.

Trouvant de quoi se rassasier, le couple se mit en question, et une dispute intervenue : L’un parlait de mettre fin à ses jours, l’autre réprimandait.
Des mots bas, et blessant tombèrent.
L’un se demandant si l’amour n’était pas une illusion, provoquée par la luxure de ce monde, l’autre en pleurait.
Ils crièrent à tout va… les dieux s’en régalant.

Un autre survivant arrivait vers eux.
Tous deux s’arrêtèrent net, et soupirèrent de soulagement, même si ce n’était qu’une personne, cela restait un espoir… un espoir de rompre leur solitude.

- Qui es-tu, l’homme ? ; d’un ton apitoyant.
- Où sommes-nous ?
- N’es-tu pas de ce monde ?
- Ne l’agresse donc pas ! Il arrive tout juste. ; reprit la femme.
- Pourquoi ne cessez-vous pas de vous tourmenter ? Ce monde ne l’est pas suffisamment ?
- Il l’est trop ! Trop pour la vie d’un homme ! Ne faites pas attention à ma femme, il est quelque peu remonté contre moi.
- Amusant.
- Oui, passons : D’où venez-vous ?
- De l’enfer.
- Qui êtes-vous ?
- Votre père.
- Cessez vos imbécillités !
- L’amour n’est donc pas assez fort… sombrez ! Errez, misérable mortel ! Votre âme faible, et arrogante ne mérite que la souffrance ! Une souffrance éternelle !
- Tu ne sais pas ce qu’il va t’arriver… !
- Vous non plus.
L’homme disparut dans une lumière aveuglante.

Le besoin de se nourrir, et de boire fut retirer aux survivants, qui n’eurent plus besoin de rien pour survivre… et après une centaine d’années, ils se rendaient compte que leur âme ne voulait pas quitter leur corps, qui n’était plus qu’un lambeau ambulant.

Cette nuit-là, les deux amoureux regardaient le ciel, en l’implorant de périr ensemble dans les flammes de l’enfer.

Une nouvelle fois, la voûte céleste s’ouvrit et la lumière frappa le couple de survivants.

(L’enfer n’est que la répétition de ses derniers moments …)
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Zheltorn
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