La fable de la perruche qui valait 10 crédits

...parce qu'en tout fondationneux se cache un conteur, un poète ou un barde

La fable de la perruche qui valait 10 crédits

Messagepar Paloma » Ven Oct 10, 2008 9:47

Il était une fois, sur une petite planète périphérique tout au bout de la galaxie, une femme d'affaires aux cheveux bleus qui atterrit sur le spatioport. Après s’être acquittée des formalités douanières, et graissé la papatte à quelques zélés fonctionnaires, elle se rendit au siège planétaire de diffusion holocomique pour annoncer publiquement à tous les habitants qu'elle était prête à acheter des perruches pour la somme de 10 crédits chacune. Les indigènes, qui n’ignoraient pas la profusion des perruches sur leur planète, flairèrent là le bon plan, l’argent facile, et ils se rendirent alors dans la forêt pour attraper des perruches.

La femme en acheta des dizaines de milliers pour 10 crédits l'une, qu’elle entreposa dans d’immenses volières qu’elle avait faites installer sur place. Mais au bout de quelques semaines, les stocks commençant à diminuer, les habitants cessèrent de chasser. La femme annonça donc qu'elle était maintenant disposée à mettre 20 crédits par capture. Cette nouvelle relança les efforts des indigènes qui repartirent de plus belle avec leurs filets, leurs appeaux, pour attraper des perruches.

Assez vite, la réserve diminua davantage et les habitants retournèrent progressivement à leurs activités habituelles. Alors, l'offre fut augmentée à 25 crédits, mais l’espèce était tellement épuisée qu'il était très difficile de repérer une perruche en liberté. En attraper dans ces conditions devint quasi-impossible.

La femme d'affaires revint à la charge et annonça qu'elle achèterait des perruches à raison de 100 crédits l’une. Cependant, puisqu'elle devait se rendre à Trantor pour organiser un achat massif de maquereaux, son assistante, une certaine Lady quelque chose, allait procéder aux achats de perruches à sa place.

En l'absence de sa patronne, l'assistante réunit une foule immense sur la Grand Place de la capitale. Montée sur une estrade, elle dit alors : « Regardez toutes ces perruches que ma patronne a rassemblées dans ces volières ! Je vous les vends à 50 crédits l'unité et quand elle reviendra, vous pourrez les lui revendre à 100 crédits chacune… ». Les habitants se mirent alors à rassembler toutes leurs économies et achetèrent l’ensemble des perruches disponibles.

Le lendemain, l’assistante disparut à son tour. Les indigènes ne revirent plus jamais ni la femme d'affaires ni son assistante. Les perruches, elles, voletaient, pépiaient et chiaient partout.

C’est ainsi que la PIE-voleuse put surmonter le krach qui menaçait toutes les économies galactiques et convaincre ses détracteurs de l’efficacité des méthodes alter-fondationnalistes en matière d’investissement…

:P
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