Prologue

...parce qu'en tout fondationneux se cache un conteur, un poète ou un barde

Prologue

Messagepar PUBLICIS » Sam Oct 16, 2010 0:29



AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR

"Ce texte est long. Ennuyeux. Lénifiant. Sans intérêt. Et quand on a péniblement fini de le lire, la conclusion, c'est qu'on aurait mieux fait d'aller se promener en forêt. Les arbres, en automne, ils sont rouges, et oranges, c'est joli."

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... Dixit ma femme. Vous êtes prévenu.

- "HEY ! VOUS M'AVEZ FAIT PEUR !"
- "A vous ? Amusant."

Cette scène se passe quelque part, là où... Enfin, pardon. "Quelque part". Un bien grand mot. Et même deux, en comptant bien. Commençons donc par placer la charrue, et les bœufs suivront peut-être.

Imaginez une éponge. Une grosse éponge, qui emplirait tout l'Univers. Une éponge, dans toutes les dimensions. Une hyper-éponge, quoi. Vous vous faites à l'idée ? Gardez-la bien en tête, ça va vous aider pour plus tard, et accrochez vous aux branches.

Parce que si on fait l'effort d'y réfléchir un tantinet, l'espace-temps, c'est... c'est compliqué. Assez compliqué, en tout cas, pour pouvoir faire aussi mal au crâne qu'une bonne bouteille de prune. Et c'est pour ça qu'on ne peut pas parler de "quelque part" sans prendre de pincettes.

- "MAIS COMMENT..."
- "J'ai fait pour vous retrouver, dans ce recoin où vous vivotiez chichement, espérant m'échapper ? Facile. L'espace, c'est du temps. Le temps, c'est de l'argent. Et l'argent, c'est tout pour moi. Donc fatalement..."

Les dimensions spatiales entortillées, vous connaissez ? Celles qui se cachent, comme de minuscules escargots, recroquevillés sur eux-mêmes, bien au chaud, entre deux atomes. Elles ne sont pas faciles à dégoter, ces dimensions là. Mais quand par hasard vous tombez dessus, pour retrouver la sortie, bonjour.

Et tout ça, sans évoquer leur granulosité, aux dimensions. Eh oui. Elles ont du grain. Chez les humains, c'est Planck, qui a mis le doigt dessus, avec sa constante. Mais ce qu'il ne vous a pas appris, c'est que les dimensions - et donc, l'espace-temps qui en découle - sont fractales, par dessus le marché ! Oui madame !

Ce qui fait qu'au total, là où vous jouez les érudits, dans les soirées, avec vos quatre dimensions, s'en trouvent en fait un petit peu plus. Quinze virgule trente deux, au dernier recensement. Dont un virgule quatre-vingt neuf rien que pour ce que vous appelez le temps. Ça vous calme un chouïa, pas vrai ?

Et là où vous vous représentez un univers façonné dans un cube, ou dans un hypercube, pour les plus imaginatifs d'entre vous, se cache en fait une sorte d'éponge multidimensionnelle. Une hyper-éponge, perlée de trous, toujours plus petits, dans lesquels se cachent d'autres trous. Ou de la matière. Ou de l'énergie, aussi. Ou bien du temps. Ou une surprise, et vous ne voulez surtout pas savoir quoi, pour rien au monde, je vous l'assure.

Et avant que vous ne me posiez la question, je préfère vous l'annoncer tout de suite : Oui, vous l'avez deviné, cette éponge est effectivement d'un jaune vif, tirant légèrement sur l'orange. Mais non, elle ne s'appelle pas Bob, et le premier qui ricane bêtement aura affaire à moi.

- "VOUS ÊTES ICI POUR ?"
- "Encaisser les créances impayées. D'une manière ou d'une autre"
- "JE SUIS INSOLVABLE, VOUS LE SAVEZ BIEN."
- "Ce n'est pas insoluble."

Entre parenthèses, croyez-moi sur parole, quand on a des hyper-yeux pour le voir, l'hyper-espace, c'est hyper-joli. Et pas si dangereux que ça, si on apprend bien ses leçons, et qu'on finit par chopper le coup. Mais si on n'en fait qu'à sa tête, alors là, oui, bien sûr, on finit par se retrouver avec un astéroïde dedans.

Si encore vous étiez équipés d'organes de réception temporelle dignes de ce nom, on pourrait peut-être mieux se comprendre. Mais non. Tout ce que vous avez, vous, les représentants de l'espèce humaine, pour représenter le temps qui passe, c'est.. votre estomac. Tu parles d'une espèce évoluée ! Et ça veut conquérir l'Univers ? Bonne chance, les gars ! Essayez déjà de sortir de votre galaxie, et on en reparlera après, hein. Même vos lombrics, ils pigent mieux le truc, quand on leur en parle.

Mais pardon, je m'emporte. Où en étions nous, déjà ? Ah oui. "Cette scène se passe quelque part"... Maintenant que nous vous avons un peu éclairci les choses, vous comprendrez que nous en resterons à "Cette scène". Voilà. Pas d'adverbe de lieu, pas de verbe non plus. On ne prend pas beaucoup de risques littéraires, avec une phrase pareille, d'accord, et pour le Goncourt, c'est loin d'être gagné, mais au moins, nous, on évite de raconter des bêtises.

Toutes ces précautions oratoires étant posées, disons juste que "cette scène" survient - est survenue, et surviendra, aussi, mais l'inverse est également vrai, nous en reparlerons dans une autre leçon - entre la poire et le fromage. Entre un quark de poire et un gluon de fromage, pour être plus précis.

- "ET SI VOUS PASSIEZ L'ÉPONGE ?"
- "Et si j'en référais plutôt à vos supérieurs ?"
- "VOUS PARLEZ D' ADMIN ?"
- "Mais non, voyons. Encore au-dessus."

Vous voyez, là, la scène ? Vous y êtes ? Je préfère vous mettre les yeux dessus moi-même. Parce que si je vous avais demandé d'aller la chercher tout seul, cette scène, je crois qu'on y serait encore. Vous auriez farfouillé partout, perpétuellement bredouille. Et vous seriez repassé tellement de fois par votre point de départ, qu'à mon avis, en rasant intégralement trois systèmes planétaires forestiers, on aurait eu tout juste de quoi vous refiler les billets de monopoly auxquels vous auriez eu droit.

Ne me remerciez pas, je suis là pour ça, après tout. Et maintenant, taisez-vous, et profitez de la fin de ce spectacle. Vous n'en aurez pas des comme ça tous les jours, c'est moi qui vous le dit.

- "AH. ET QU'EST-CE QUE JE DOIS FAIRE ?"
- "Disons qu'un collaborateur m'a plantée. Alors j'ai pensé à vous."



Maintenant, si vous n'êtes pas content, vous n'aviez qu'à écouter ma femme.
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