DPLC, SAISON II : CHACUN CHERCHE SON AMBASSADEUR.

...parce qu'en tout fondationneux se cache un conteur, un poète ou un barde

Re: DPLC, SAISON II : CHACUN CHERCHE SON AMBASSADEUR.

Messagepar tareum » Mer Fév 22, 2012 10:23

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CHAPITRE SUIVANT, "L'ATTAQUE" OU COMMENT GRIFFEUX ATTEIGNIT A LA VIE DE TOX MULDER.





A l’ombre des nuages noirs, tout, dans ce petit jardin, brillait sous l’averse qui redoublait d’intensité. Le manoir ruisselait, les gravillons du chemin d’accès bordé de sycomores scintillaient, et même l’automobile sombre miroitait d’une lumière… mouillée (1). Sous cette pluie battante, martelé de gouttes aussi grosses et douloureuses que des petits pois glacés tirés au lance-pierre, le chat claudiquait péniblement entre les flaques.

« Dernière fois que je me laisse embarquer dans un guet-apens pareil », rumina-t-il en songeant à ce qu’il lui restait à vivre. « Sept moins cinq, ça doit faire…», continua-t-il en hésitant. Sa patte gauche, presque mutilée, ne lui était d’aucune aide pour compter sur ses coussinets. « …environ deux. Saleté de sorcière aux cheveux rouges. » Il grelottait de froid, et cherchait un abri. Ou plutôt, il ne savait lequel choisir : A sa droite, tout près, l’engin gris-noir l’attendait, accueillant, et sec. Mais un peu plus loin sur sa gauche, surplombant le perron, c’est une jolie marquise qui s’offrait à lui. (2)

Et puis, il se souvint de ses confrères, dans le hall, sous la menace d’une arme. Alors, dans un ultime regain de courage, Griffeux boitilla avec lenteur jusqu’au auvent. En approchant de l’entrée, il crut entendre une voix, un peu masquée par le pliiich-pliiich-pliiich incessant de la pluie. Encore quelques pas de plus, il reconnut une voix rauque, inquiétante : « Du bon côté de l’éclateur me le permet ne pensez-vous pas ?.. »

Griffeux passa le porche et, d’un coup d’œil rapide, analysa la scène. Face à lui, ses trois collègues omégarques avaient les bras levés, bien haut, comme dans la fameuse gigue des Vilège ᴨ Paul. Sauf qu’ils ne guinchaient pas. Au contraire, ils restaient figés devant Tox Mulder qui semblait mener le trio à la baguette.

A la vue du chat qui s’approchait du dos de Mulder, Tcherno, en vieux briscard, ne cilla pas. A se demander même s’il l’avait aperçu. Tareum, quant à lui, afficha brusquement un grand sourire niais. Cela aurait dû alerter Mulder, mais il ne s’en inquiéta pas, puisqu’il s’agissait de Tareum dont le cerveau était, disait-on, en permanence branché sur le mode aléatoire. Habanero, enfin, convaincue de l’attaque imminente de Griffeux auquel elle lança même un clin d’œil discret (3), répondit avec une délectation un peu téméraire :

« C'est vrai que, pour l'instant, vous êtes du bon côté de l'éclateur …. mais …. pour combien de temps encore ?
- Assez longtemps pour mon projet. », répondit Mulder.

Le félin banda ses muscles. Juste avant de sauter, toutes griffes dehors, au visage de Mulder (ou plutôt à son occiput), une étincelle de bon sens crépita dans le cerveau du chat. Un éclair de lucidité qui soupesa patiemment toutes les données du problème : D’un côté, un homme d’un certain poids, et même d’un poids certain avec, qui plus est, une arme à la main. De l’autre, avec à la patte une double fracture osseuse, un félidé d’environ huit kilos, et encore, tout mouillé, autant dire quatre utiles.

« Et maintenant, jeta Tcherno à l’adresse de Griffeux, pourquoi vous n’attaquez pas, qu’on en finisse ? »

Bien sûr, il restait un atout dans la manche de Griffeux : se métamorphoser en homme. Certes. Mais sans ses vêtements. Nu comme un ver, donc. Et face à Tcherno, mais surtout Tareum et Habanero, cela lui posait une difficulté insurmontable. Car l’homme-chat nourrissait un complexe d’infériorité, relatif à la taille de quelque chose dont on évite généralement de parler dans les repas de famille (4). Et il avait raison, parce que le quelque chose était, avouons-le, ridiculement petit. C’est pourquoi Griffeux préféra garder sa forme féline.

« C’est vrai, ça, continua Habanero en fixant le chat, allez-y mon vieux, lancez-vous !
- Mais pourquoi vous voudriez que je vous… », s’interloqua Mulder, croyant qu’on s’adressait à lui.

Le chat continua son calcul. Même en comptant beaucoup sur l’effet de surprise, jamais il ne pèserait assez lourd dans la balance. Le constat était sans appel : Ses chances étaient trop faibles. Alors Griffeux, les coussinets tournés vers le plafond, haussa les épaules à l’adresse de ses confrères pour exprimer son désarroi. Il recula ensuite à petits pas vers la sortie, en affichant un air aussi désolé que possible. Trois paires d’yeux surpris, que surplombaient autant de sourcils froncés, le condamnèrent en silence. Mulder jeta un bref coup d’œil derrière lui. La porte d’entrée, et puis, plus loin, sous la pluie, l’allée de graviers, déserte. Pas un chat. « Bien tenté, reconnut Mulder. Un instant, j’ai failli m’y laisser prendre.»

Dehors, pour le plus grand déplaisir du félidé, le vent s’était mis de la partie. Une bourrasque le renversa. Il s’étala dans une flaque (5), se releva, péniblement, et continua son chemin jusqu’au véhicule de Mulder. Sa patte valide approcha la poignée. « Tu vas voir qu’avec mon bol, se dit-il, les portes seront fermées. » Contre toute attente, la portière s’ouvrit dans un chuintement agréable, et gage de qualité (6).

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(1) : A tous les tatillons à l’esprit cartésien qui objecteraient que d’un point de vue objectif et scientifique, une lumière, étant composée exclusivement de photons, ne peut pas être mouillée, nous répondrons que c’était vraiment une très très grosse averse, et qu’ils n’y étaient pas.

(2) : Non, ce n’était pas la marquise de Pompadour ou de Maintenon. Pas même une quelconque Angélique. Ni aucune de leur descendantes. En fait, ce n’était pas forcément la marquise à laquelle vous pensiez. Pas du tout. Toutes nos excuses.

(3) : Après tout, personne ne l’avait encore prévenue qu’elle encourait une grosse peine de prison, sous le chef d’inculpation de quintuple homicide - dont deux volontaires - sur la personne de l’homme-chat.

(4) : Sauf, bien sûr, en fin de repas, quand il y a tonton René qui a trop bu. Ce qui arrive à tous les coups, d’accord, mais qu’est-ce que vous voulez, ma pauvre dame, à son âge, on ne le changera plus, hein.

(5) : Une petite flaque assez banale en apparence, mais qui, sous un tel déluge, voyait gonfler ses ambitions au point de se rêver déjà lac, et pourquoi pas océan, si le temps le permettait.

(6) : Plutôt que de construire des portières de luxe, les concepteurs de l’engin avaient en réalité fait le choix d’installer, dans des portes en ferraille d’assez piètre facture, de petites enceintes discrètes qui reproduisaient à s’y méprendre le son d’une lourde et solide portière qui s’ouvre. « Ca décuple notre marge, répétait le directeur. Et puis de toute façon, nos clients seraient pas foutus de différencier une tarte au chocolat d’une bouse de vache bien fraîche. Alors pourquoi se casser le tronc ? »
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Griffeux s’engouffra dans l’engin, à la recherche d’une arme. Sur les sièges de faux cuir noir, rien. Et dans le coffre à l’arrière, rien que le minimum règlementaire : un gilet jaune, un triangle de signalisation, un extincteur, une trousse de premiers secours. Et puis aussi quatre bouées de sauvetage et autant de parachutes, parce que les pouvoirs locaux n’étaient pas du genre à rigoler avec la sécurité. Ils étaient même prêts à rendre obligatoires l’emport de défibrillateurs, pourvu que leurs fabricants gonflent assez le pot-de-vin.

Du côté de la boîte à gants, il restait encore un espoir, qui s’envola à l’ouverture sur une boîte d’ampoules de rechange, une poignée de fusibles, et – la chose était assez saugrenue pour être remarquée – une paire de gants. Mais rien d’autre. Tox Mulder était donc un conducteur lambda, et rien de mieux. Quand une panne survient, le genre d’automobiliste qui s’arrête, qui ouvre le capot, qui cherche patiemment dans le moteur la provenance de ce petit bruit métallique bizarre et de cette fumée nauséabonde, qui espère que la fée des garagistes se soit jadis penchée sur son berceau à son insu, et puis qui finit par appeler la dépanneuse, parce que de toute manière, il n’a même pas pensé à emporter des outils.

Aucune arme, donc, pour Griffeux, même pas un tournevis ou une clé à molette. Il lui restait toutefois un atout. Pas d’une grande utilité dans l’immédiat, mais c’était mieux que rien : Il ouvrit le capot, farfouilla dans le moteur, y arracha un câble, et referma le tout.

Et maintenant, se cacher. Se faufiler sous l’engin ne lui parut pas une idée lumineuse. Se glisser sur une roue, c’était tentant, mais complètement stupide, à la réflexion. Il réprima son imagination qui insistait pour lui montrer une tâche rougeâtre, lui-même, accompagnée d’un « scrouiiitch ». Sous cette averse, faute de mieux, le sycomore le plus proche lui apparut donc comme un abri bienvenu. Il avait fait de son mieux. Mais depuis tout à l’heure, une pensée désagréable tentait de s’insinuer en lui. Il la sentait, et faisait son possible pour la contenir. Un vague sentiment d’inutilité, irrémédiable et sans appel. Un peu comme une fuite dans un sous-marin, elle restait là, à faire pression, toujours plus forte à mesure que son esprit s’enfonçait plus profondément. Et puis, d’un coup, ses défenses lâchèrent. Les fissures, dans un craquement inaudible, devinrent brèches, puis trous béants. Un jaillissement d’inanité pénétra à gros flots, submergeant son esprit dans un torrent de tristesse froide. Le liquide putride montait rapidement. Pour ne pas s’y noyer, il sortit par le hublot, en se débattant contre les flots. Ballotté par des courants de chagrin, il remontait, tout doucement. Ses poumons lui faisaient mal, ils allaient bientôt céder, aspirer par réflexe de ces eaux si létales... Il émergea à la surface, dans un océan de désespoir. Une pluie morne le cinglait sans pitié. Les vagues de chagrin se jouaient de lui. Elles grossissaient, devenaient murs de flotte, fétide et dégueulasse, et grandissaient encore, pour devenir montagnes liquides, mouvantes, irrépressibles. Et lui, il écumait, d’affliction, de peine, et de rage. Glacé par les embruns, il voulut hurler sa colère, mais ne poussa qu’un petit cri aigu, ridicule, avant de vomir. Il émergea enfin. Ce flou qui se dissipe rapidement, ce goût désagréable dans la bouche, il les connaissait déjà. Malaise vagal. Il ouvrit les yeux, remua doucement ses membres - dieux que ces gravillons détrempés étaient froids - se releva, s’ébroua. Le véhicule de Tox n’était plus dans l’allée. Griffeux se précipita, tant bien que mal, vers l’entrée du manoir.



* * *




Sur une route de montagne aux flancs enneigés, l’engin filait rapidement. Le soleil allait bientôt se coucher. D’une main sûre et ferme sur le volant, Tox Mulder rentrait vers la capitale. Il était fier de lui. Quelques heures plus tôt, le travail avait été fait, et bien fait, se dit-il après s’être repassé les évènements de la journée dans sa tête. Aussi commençait-il enfin à se détendre. Mais c’est à cet instant précis, alors qu’il allait bientôt aborder un virage particulièrement serré, et bordé d’un précipice, que Tox Mulder comprit que quelque chose n’allait pas du tout, finalement. Il avait beau tenter de l’actionner, et d’insister, frénétiquement, en vain : quelqu’un avait saboté l’allume-cigare. Le retour allait être long.

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Re: DPLC, SAISON II : CHACUN CHERCHE SON AMBASSADEUR.

Messagepar Anikyn » Sam Mar 10, 2012 19:56

Vous savez nager ? Si c’est non, vous allez apprendre ! Avait déclarée Boranova …

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Abruti par le choc qui avait propulsé tout le monde dans le poste de conduite, chacun cherchait le plus rapidement possible à retrouver(1) ses esprits :
- L'eau est source de vie. C'est pourquoi elle coule de nos yeux devant la mort ! déclara Kenny en poussant sur sa porte déjà bloquée par la pression de l’eau.
- Mais, retirez votre pied de mon nez ! Menaça Bora

- Mais qu’est ce qui s’est passé ? Ou suis-je ? Je pense qu’…
- Plus tard les pensées, aidez nous, on est du mauvais côté du courant !
coupa l’infirmière en se précipitant pour ajouter ses 58 kilos aux efforts de Kenny !

De fait, l’ambulance s’enfonçait rapidement en tournoyant dans le courant s’alourdissant de plus en plus avec les masses d’eau qui s’infiltraient par la porte légèrement entrouverte et les conduits de ventilation …
- On ne va jamais y arriver sans un minimum de concerta…! minauda Carthasis de nouveau coupé par l’infirmière
- Mais taisez-vous docteur, et poussez donc, on y est presque, il faut juste laisser entrer encore 20cm d’eau environ et la pression va se relâcher !
- Encore 20cm ? Mais c’est inconcevable (2)

Bora, prostrée au fond de la cabine, de l’eau jusqu’à la taille, était blême … lorsque la porte lâcha d’un coup et que des trombes d’eau s’engouffrèrent dans l’habitacle ! Kenny emporté par la porte était déjà en dehors, suivi de peu par l’infirmière, par le Docteur et tous émergèrent enfin à la surface …

Tous, sauf Bora !
- Mon dieu, mon dieu, mon dieu, il manque la sénatrice, si jamais elle s’est encore endormie …
- Trop tard pour y faire quoi que ce soit…
déclara l’infirmière, alors que de manière forte surprenante Kenny reprenait son souffle et exécutait dans la foulée un canard d’une perfection académique !
Moins de 30 secondes après, il réapparu poussant vers l’infirmière une Bora occupée à tousser bruyamment et à cracher de l’eau !

- Celui qui veut nager dans l'océan de vérité, doit se réduire à zéro.
déclara-t-il en démarrant soudainement dans un crawl aussi académique qu’efficace !
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En quelques secondes, il avait déjà parcouru une dizaine de mètres lorsque soudain l’eau se mis à bouillir à quelques pas du groupe !

- Mon dieu, mon dieu, mon dieu ! déclara le bon docteur en se ruant immédiatement à la suite de Kenny dans un style indien qui bien que moins efficace avait l’énorme avantage de lui laisser la tête presque hors de l’eau favorisant ainsi à son surmoi la négation de tout environnement liquide, tout en ayant l’avantage de permettre à son lui pragmatique de surveiller les tirs issus du parapet du pont !
Il fut toutefois rapidement dépassé par l’infirmière dont le crawl n’avait rien à envier à celui de Kenny, tandis que Bora qui reprenait péniblement son souffle… constatait que l’eau, de très agréable précédemment était en train de commencer à bouillir légèrement autour d’elle !
- Aiiieee, Attendez moi ! lâcha-t-elle, avant de suivre la compagnie dans une brasse à moitié coulée qu’il est charitable de ne pas décrire !

L’esprit de Bora était un tel maelstrom qu’elle prêtait à peine attention aux tasses qu’elle buvait régulièrement au rythme de sa nage laborieuse …
De sa mémoire, la planète originelle se surimposait sur ses pensées désormais sans repos, flancs de sable et flaques d’ombres, démons du vent dansant sur les rochers, ventres étroits et mouvants plein de cristaux d'ocre, une terre laide et aride qui ne demandait que de l'eau… et de l’amour. Elle se rappelait Shai Hulud qui labourait la dune dans la clarté de l’aube, et pour la première fois peut-être comprenait la nature réelle de ce liquide aquatique qui pouvait tuer un faiseur tout en créant l’Eau de la Vie… pour la première fois peut-être, elle avait senti la source même de vie disparaitre autour d’elle en une vapeur furibonde et cela avait réveillé en elle la nostalgie d’Arakis ou jamais une telle abomination n’aurait été possible !

A sa manière de cracher l’eau à chaque brassée, le docteur Carthasis compris immédiatement que Bora n’allait pas tenir longtemps, et ayant mis à profil sa technique de nage contemplative pour constater que le pont à cet endroit n’avait pas de bretelle d’accès aux rives, il se dirigea courageusement vers la berge la plus proche, suivi machinalement par une Bora qui n’en était visiblement plus à cela prés …

Lorsque qu’elle réussit enfin à s’agripper à une bite(3) fort opportune, le bon Docteur pouvait l’entendre du quai marmonner en boucle :
« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien...
Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. … »


- Etat de Choc associée à une régression infantile ! diagnostiqua le bon docteur, c’est extrêmement préoccupant, il est heureux qu’un professionnel soit sur place et puisse intervenir immédiatement pour sauver cette pauvre enfant !

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Pendant ce temps, l’infirmière malgré tous ses efforts désespérait de rattraper Kenny lorsque celui-ci s’arrêta soudainement(4) …
- PAF? Entre une gifle et une indélicatesse, on supporte toujours mieux la gifle. déclara-t-il à l’infirmière, les yeux dans la vague de ses formes que ne cachait plus guère une blouse détrempée.

- Vous ne vous reposez jamais vous ! soupira l’infirmière, en le poussant vers la berge ….
- Mais, mais, - Bas les pattes !
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Mais qui m’a fichu une bande d’ahuris pareils, et comment je vais retrouver les deux autres maintenant, moi !
L’infirmière retirait sa blouse détrempée tout en trainant Kenny tout penaud au bord de la route.
Avisant un motard qui passait par là (5), l’infirmière se mit sur la route le regardant droit dans le casque, tout en maintenant Kenny par la peau du cou, et... attendit l’inévitable :
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- C’est tout de même rassurant de voir que les fondamentaux de l’univers ne sont pas remis en question en ces jours incertains..
Ramassant, la moto l’infirmière lança un regard taquin au Lord. - Allez, montez derrière et n’en profitez pas !, sinon ...
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L’infirmière n’eut pas à chercher longtemps, à peine le premier virage passé, elle aperçue Bora qui faisait du stop au bord de la route, tandis que le docteur, légèrement en retrait se tenait l’œil qui commençait déjà à prendre une magnifique couleur violette …
(Infirmière)- On ne s’ennuie pas avec vous, mais vous allez vous retrouver avec un camisole si vous commencez à frapper les docteurs, vous savez...
(Bora)- Simple réflexe conditionné … L’enseignement de Duncan, et puis un docteur devrait savoir quand une anesthésie est indispensable !
(Catharsis)- C'est-à-dire qu’il n’y a pas si longtemps, il en fallait peu pour l’anesthésie. Je ferais attention, la prochaine fois.
(Infirmière)- Je peux lui faire une autre piqure, si vous voulez, Docteur ?
(kenny) -Les douleurs légères s'expriment, les grandes douleurs sont muettes
(Bora)- Dites, on entend des sirènes de Police dans tout le centre Urbain, vous croyez que c’est le moment de faire un meeting ?


On va se faire arrêter à ce rythme-là, il nous faut des vêtements secs et un véhicule rapidement ! Docteur, vous êtes le seul à ne pas être en pyjama d’hôpital trempé et à avoir quelques crédits, allez donc avec mademoiselle au premier centre commercial nous trouver des vêtements, quelques boucliers, des éclateurs, de l’explosif, bref, tout ce qui peux être utile. Moi je reste avec le Lord, je nous procure un véhicule, on se retrouve à l’arrière du Centre commercial.
(Catharsis)- Mais, avec plaisir !
(Infirmière)- parce que vous trouvez que je suis assez habillée pour sortir en ville, vous êtes folle … Docteur, vous êtes sûr qu’il ne lui faut pas une piqure ?
(Bora)- Ca vous va très bien, ne vous arrêtez pas et surtout ne répondez pas au Pirates que vous croiserez et ne passez pas devant le commissariat sans un pass police ou je ne réponds de rien


Après avoir lancé un regard noir à Bora, sans que cela n’indispose particulièrement cette dernière, l’infirmière et le Docteur filèrent vers le centre commercial pendant que Bora relevait le pouce.

*****
La moto était à peine garée devant l’entrée du Centre commercial que tous les clients eurent leur attention attirée par la magnifique créature en sous-vêtements qui la conduisait. De nos jours, ce spectacle passerait totalement inaperçu dans un centre commercial, habitué à bien d’autres excès publicitaires, mais même les publicitaires n’avaient pas encore osé joindre le son à l’image !

PAF

(Infirmière)- Et n’y revenez pas ! Pas sans une belle blouse toute neuve en tout cas !
(Catharsis)- Désolé, je suis vraiment confus, je croyais avoir maîtrisé depuis longtemps ces pulsions enfantines, je vais consulter dès que possible, cela ne se reproduira pas, vraiment, un thérapeute de ma classe, vraiment, désolé, je ne sais pas ce qui …
(Infirmière)- Oui bon, faites vite !
marmonna l’infirmière inquiète de l’attroupement qui se formait.

Le bon docteur se précipita dans le centre commercial, et entra dans le premier magasin de vêtement qui se présenta. Tournant dans les rayons, il se trouva rapidement face au rayon féminin et considéra perplexe les robes, jupes et autres tailleurs … pas de blouses…
Je peux vous aider, nous avons reçu la toute dernière mode de Terminus, lui propose une vendeuse qui attirée par l’expérience venait de renifler le pigeon idéal !
Tout fier de ses emplettes, le docteur passa rapidement dans le rayon masculin pour acheter un complet trois pièces pour lui et un smoking pour le Lord avant de s’arrêter perplexe devant le rayon armurerie …. Qu’est qu’avait dit Bora, déjà ? Tout ce qui peut s’avérer utile ?
Bon ….

Enfin, tout essoufflé et chargé comme une mule, le bon docteur s’arrêta devant un distributeur pour reconstituer ses réserves de crédit fortement diminuée par les achats d’armurerie.
Car enfin, de toutes ces péripéties, voilà bien enfin quelque chose qui n’est guère un problème pour le possesseur d’une carte blanche diplomatique de sénateur Omegarque … Ce qui est curieux, c’est qu’à peine eut-il introduit sa carte dans le distributeur que celui-ci s’empressa de lui signifier qu’il ne partageait pas du tout son avis …
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Holopolice
Restez ou vous êtes, votre position est enregistré, vos identifiants cellulaires également ! Vous êtes recherchés pour usage abusif de soins médicaux aux indigents, voie de fait, vol de produits pharmaceutiques de première catégorie, vol et usurpation d'autorité, altération des sécurités passive de l’hôpital, séquestration d'une infirmière, assassinat d'un garde de l’hôpital, vol de véhicule de premier secours, refus d’obtempérer, dégradation volontaire d'éléments urbains, mise en danger de fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions et délit d'outrages !
Tout ce que vous pouvez dire sera retenu contre vous, vos silences inclus !
Votre compte est bon, rendez-vous, vous finirez vos jours en prison !

– Mon dieu, mon dieu, mon dieu …
(holopolice) – Qui est Dieu ? Votre complice ? Signifiez-lui qu’il est également en état d’arrêt à titre conservatoire, ne bougez plus et mettez les mains dans les cases jaunes ! entendit à peine le docteur alors qu’il se ruait vers la sortie à toutes jambes précédé d’un caddie lourdement chargé !

Fort heureusement, il semble qu’une émeute était en cours à la sortie du centre commercial, Carthasis voyait distinctement le gyrophare des policiers complètement bloqué à une centaine de mètres par des véhicules garés n’importe comment et une foule agitée qui se pressait autour de l’entrée du parking pour mieux voir…
L’infirmière prenait des poses lascives sur sa moto tandis que fusait des enchères tout autour … 150 crédits, 155, 156, … 200, … 210 c’est mon dernier mot ! … pas moi, 250 ! … 251 …
Tout en faisant des légers signes de main signifiant clairement « plus haut, plus haut, … » l’infirmière à la vue de Cartharsis pris une pose encore plus provocatrice et lança ….
251 crédits ! Adjugé au touriste ronchon du premier rang, par ici la monnaie !

– Mais voyons, ma chère, que faites-vous ? demanda le bon Docteur lorsque celle-ci l’eut rejointe, lorgnant sur les paquets du caddie …
– J’ai vendu la moto ! Vous avez ma blouse ?
Avant que le Docteur ne puisse répondre, un cri retenti derrière la foule « Il est là, juste à côté du robot publicitaire ! »
– Mon dieu, mon dieu, mon dieu, Vite, la sortie derrière le Centre, vite, vite, vite …
Un robot ? Gougeât ! Râlât l’infirmière en se mettant à courir …

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Pendant ce temps, mais bien avant, ¬Bora commençait à s’inquiéter de la tendance des sirènes de police à se rapprocher tout en déplorant celle des autres véhicules à ne pas s’approcher, lorsque Kenny déclara :
- Le sens de la marche se fait vers l’avant, mais on peut aussi marcher vers l’arrière, auquel cas il faudra prendre un taxi !

Bora se retourna exaspérée, prête à tancer une bonne fois le Lord lorsqu’elle remarqua venant de la direction opposé, le véhicule tant désiré :
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Les réflexes de Bora, aiguisés depuis sa plus tendre enfance, jouèrent immédiatement : elle leva le bras pour un Hep, TAXI ! (6), dont tous savent qu’il s’agit du seul moyen sur d’arrêter un taxi en rase ville.

Celui-ci ne fit pas exception, ce qui est une bonne chose pour l’équilibre de l’Univers, et ralenti immédiatement pour se garer devant Bora qui, n’en croyant pas ses yeux, constatait qu’il lui manquait toute l’aile arrière, ce qui est pour le moins négligé …
(Taxi) – Taxi, ma p’tite dame ? Heula, mais vous sortez d’où comme ça, z’allez me tremper mes banquettes, pas question !
(Bora) – On est tombé dans l’eau, et puis, à voir l’état de votre taxi, on ne risque pas de faire plus de dégats ….
(Taxi) – Ne m’en parlez pas, dès que j’aurais mis la main sur le conducteur de l’ambulance qui me l’a arrangé comme çà, il n’aura plus qu’à passer à l’arrière ! Bon, montez, mais d’abord on va mettre un plaid … Z’allez ou ?
(Bora) – Le Centre commercial, l’entrée arrière, on doit y retrouver des amis.
(Taxi) – Ca roule ma p’tite dame, on risque quelques bouchons, il y a des flics partout en ce moment, je ne sais pas quel est l’andouille qui les a énervé à ce point-là, mais il n’y a plus moyen de rouler en ce moment.
(Bora) – Faites au mieux. Dit Bora en rengainant discrètement son kryss et en bénissant les chausseurs de Taxi.

L’espace-temps. De nombreux philosophes se sont interrogés sur la notion d’espace-temps, et tous sont arrivés à la conclusion que si on n’a pas le temps c’est que l’on ne manque pas d’espace, et que si on n’a pas d’espace, c’est qu’on a le temps. Ce qui fait que généralement, il n’y a pas de temps à perdre, ni d’espace à gagner dans l’espace-temps, ce qui est la raison pour laquelle tout le monde s’accommode bien de son existence sans vraiment savoir ce que c’est. Hors, bien que cela soit bien loin de leurs préoccupation, il semble bien que tous les protagonistes de cette histoire ne soient jamais ni dans le même espace, ni dans le même temps, ce qui n’est pas vraiment un souci dans la mesure ou le père Noël y est, lui, dans l’espace-temps.
C’est pourquoi, il était important de faire cette aparté, afin que personne ne soit trop désorienté de retrouver une partie des sénateurs Omegarque dans le même espace-temps, ce qui aura inévitablement d’irrémédiables conséquences sur l’espace ou sur le temps, comme vous l’aurez maintenant compris.


Le taxi venait à peine de se garer lorsque le bon Docteur et l’infirmière émergèrent du coin du building en courant comme des dératés, bifurquant vers le taxi dès qu’ils aperçurent Bora qui leurs faisait signe …
(Taxi) – La mode est courte cette année … dit-il, les yeux exorbités perdus dans les courbes de l’infirmière.
(Catharsis) – Vite, vite, ils sont à nos trousses clama-t-il, tout en renversant le contenu du caddie dans le coffre du Taxi, pendant que l’infirmiére s’engouffrait à coté de Kenny.
(Bora) – Qui çà, ils ? elle n’alla pas plus loin dans sa phrase en voyant les deux hommes en noir, éclateurs à la main déboucher du Parking … Démarre, Vite !
(Taxi) – Hola, je veux pas d’ennuis avec ces types, moi, je bouge pas !
(Bora) – Tu paries ta vie la dessus ? demanda Bora … Le kryss était apparu comme par magie sous la Gorge du Conducteur qui démarra en trombe.

*****
– Il va falloir prendre une décision, on ne peut pas continuer comme cela. Bora regardait le soleil couchant à l’horizon. Elle savait que leur fuite était temporaire, le taxi serait recherché dans quelques minutes et rien n’est plus facile à surveiller que les voies de circulation. Elle réfléchit rapidement … Le centre urbain, hors de question et sans bouclier, il leurs suffit de mettre un X33 en furtivité et c’est la mort assuré, le Centre commercial doit grouiller de policiers maintenant, inutile de penser s’approcher de l’astroport ou même de l’ambassade, qui que soit le représentant Galactique local, il va falloir s’aventurer dans les zones industrielles, le plus loin possible des mines d’Ors, de vivre ou de manufs, …. Les Mines épuisés d’étain, voilà ce qu’il leur faut, personne n’ira les chercher dans ces friches industrielles ou ils pourront trouver une mine ou s’abriter pour la nuit et dormir un peu !
Son pied écrasa le Frein !
– Toi, tu descends ici, Dégage ! déclara Bora en poussant doucement son kryss dans les cotes du chauffeur qui sorti sans demander son reste pour voir son taxi déglingué s’éloigner rapidement .
(Taxi) – Journée de Merde …




*****

(1) Mis à part Lord Kenny qui, n’ayant pas ce soucis, était en pleine capacité de ses … heu... moyens ?
(2) Malgré ses fanfaronnades, d’aucun pourrait se demander à qui Bora faisait allusion en parlant d’apprendre à nager ?
(3) Un bollard, aussi appelé bitte d'amarrage, sert à amarrer les navires. il permet de tourner des aussières et non la tête d’une fremen ….…. Et inutile de regarder ailleurs, je vous ai vu, bande de pervers !
(4) On pourrait croire que le Lord a la Force en lui, mais dans le cas présent c’est tout simplement le son qui se déplace cinq fois plus vite dans l’eau que dans l’air, 100 fois plus vite que le Lord, 1000 fois plus vite que Bora, quelques millions de fois plus vite que l’influx nerveux de Tareum … Rien de magique la dedans, vous en conviendrez !
(5) Cela peut surprendre certains, mais une infirmière a toujours un brancart sous la main… enfin, c’est ce que dit tareum en tout cas !
(6) pour ceux qui doutent, vous serez surement intéressé par l’entrainement inhumain pratiqué sur Arakis, voici une photo extraite des archives de l’Omega, mais ne le répétez pas ;)
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Dernière édition par Anikyn le Sam Mar 10, 2012 23:02, édité 1 fois au total.
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Re: DPLC, SAISON II : CHACUN CHERCHE SON AMBASSADEUR.

Messagepar Lisandra » Sam Mar 10, 2012 21:47

:)
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