Les clones sont chocolats...

...parce qu'en tout fondationneux se cache un conteur, un poète ou un barde

Les clones sont chocolats...

Messagepar Paloma » Jeu Mai 10, 2007 8:40

Les clones sont chocolats
(and Initiates are in the cabbages… )




Il pleuvait depuis bientôt trois jours sans discontinuer sur cette fichue planète, trois jours d’enfermement passés à attendre un signe du mystérieux contact qui les avait attirés jusqu’ici, et ça commençait à pas mal cocotter dans les coursives du croiseur, sans parler de la nourriture qui était infecte, mais ça les hommes étaient habitués. Dire qu’au départ ce ne devait être qu’une mission de routine… Pour sûr ! Aucun des clichés à deux balles servis dans les films d’action auxquels on avait droit sur holocom ne leur avait été épargné car, pour couronner le tout, les transmissions avec le QG étaient coupées depuis le matin si bien que l’équipage était dans l’incapacité de savoir s’il fallait encore attendre un type qui était peut-être déjà raide depuis longtemps, ou rentrer au bercail le cul serré et le sentiment du devoir accompli. L’ambiance était vraiment pourrie, et ça c’était pas de la littérature.
Dans toute cette merde, il était rassurant de savoir que tant qu’on restait sur le spatioport, personne ne sortirait son éclateur pour vous trouer la peau ou vous pincer le larfeuil. Mais l’appel du large se faisait pressant et les gars de l’équipage, ça les démangeait de plus en plus d’aller vérifier si la taverne, avec ses bouteilles et ses vahinés, était bien à sa place ; faire un peu de tourisme local en somme. La discipline avait du plomb dans l’aile, mais allez donc la faire respecter par vingt-cinq gus couturés de partout enfermés tels des fauves en cage depuis trois jours. C’était vraiment rien de dire qu’il y avait de l’électricité dans l’air et que la moindre étincelle pouvait tout faire péter, mais on allait pas mettre un rabiot de verveine dans les rations quand même ? « Dites, les gars, je trouve bien excités, vous serez gentils de prendre cette infusion. Ça me ferait rudement plaisir vous savez… »

C’était encore une mission à la con, comme elles s’étaient multipliés récemment depuis que la patronne était sur un nouveau coup. Quand elle avait une abeille sous le bonnet celle-là, on pouvait être certain que d’une chose : il y avait intérêt à marcher droit et garder son nez propre. Sauf que d’habitude c’était plutôt poilant, alors que là c’était la vraie chienlit…et ça faisait déjà trois jours que ça durait.




Dans le poste de contrôle du croiseur, avec vue dégagée sur le spatioport, salle climatisée, toilettes sur le palier et tout le tintouin, deux techniciens montent la garde. Soudain…
- Et mec ! Sors ton doigt et mate un peu ça !
- Quoi ?
- Comme qui dirait qu’on a de la visite. Regarde qui ramène ses miches par ici !
- Oh la vache ! Bon calme ta joie, je préviens illico le pacha.


Deux minutes plus tard, le commandant, pas mécontent d’avoir été tiré d’une mauvaise partie de poker avec le médecin de bord et deux autres loufiats de l’équipage, arrive en courant dans le poste de contrôle. Après un rapide topo de la situation par ses deux hommes, très vite, il se demande lui aussi s’il n’a pas la berlue. En effet, sans déclencher les alarmes, quelqu’un était parvenu à pénétrer en loucedé dans le périmètre de sécurité du croiseur, et cette personne attendait maintenant sagement l’ouverture du sas d’entrée. Mais son tour de passe-passe n’était pas tout, le plus remarquable chez l’intrus était sa silhouette et surtout la mèche de cheveux bleus qui dépassait de la capuche de son imperméable.
Que faire ? Si la question a le mérite d’être claire, la réponse à apporter met le commandant sur le cul. Totalement aux pommes, celui-ci laisse passer quelques secondes pour rassembler la puissance d’analyse des trois neurones en état de marche qui lui restent quand survient un événement qui décide à sa place de la suite à donner aux opérations. L’inconnue relève la tête vers les caméras de contrôle encadrant l’entrée du vaisseau et esquisse un sourire malicieux. Les derniers doutes du commandant sur son identité disparaissent aussitôt.

- Mais qu’est-ce qu’elle fout là ? Ouvrez le sas d’entrée bougres d’andouille ! et magnez-vous le train ! ordonne le commandant à ses hommes avant de reprendre sa course en se dirigeant vers le sas pour accueillir sa visiteuse.


Bruits de la course du commandant dans le croiseur où la rumeur de l’arrivée d’une étrange visiteuse commence déjà à se répandre ; par deux fois le commandant manque de se rétamer méchamment entre deux ponts ; le commandant débouche le souffle court au niveau du sas d’entrée et trouve les plantons de service au garde-à-vous devant à une jeune femme qui ne semble absolument pas impressionnée par les hommes en armes qui l’entourent ; le commandant remarque que celle-ci, après avoir rabattu la capuche de son imperméable sur ses épaules, a commencé à le déboutonner dévoilant une tunique vermillon.

- Bonjour Madame, dit le commandant. Je suis très honoré de vous recevoir à bord. Veuillez excuser cet accueil, mes hommes et moi étions loin de nous imaginer que…
- Bonjour Commandant. Vous ne pouviez pas savoir en effet, répondit son interlocutrice d’une voix douce et chaleureuse. Je comptais sur l’effet de surprise pour vous surprendre, ce qui est un pléonasme Commandant.
- Pour nous surprendre ? Pardon Madame, mais j’ai du mal à comprendre.
- Ne vous inquiétez pas Commandant, tout vous sera expliqué en temps voulu. Mais pour l’instant nous sommes un peu pressés. Passez vos ordres pour un décollage immédiat et conduisez-moi à la salle des coffres du croiseur.
- Quelle est notre destination Madame ?
- Mais on rentre à la maison bien sûr, répondit-elle avec un clin d’œil.



Le vaisseau a déjà quitté le spatioport et prend de l’altitude pour rejoindre l’orbite réglementaire avant d’effectuer son premier saut dans l’hyperespace quand le commandant accompagné de son hôtesse parviennent à la salle des coffres. La salle blindée dispose d’un dispositif de sécurité que lui seul et l’économe sont à même de lever. L’homme introduit sa clef dans le panneau de commande puis frappe une à une les touches composant le code secret. Un voyant rouge passe au vert, un déclic se fait entendre, la porte est déverrouillée, elle coulisse. La salle des coffres est ouverte.

- Après vous, Madame, dit-il.
- Merci bien, Commandant. Z’êtes bien aimable.


Tous deux pénètrent dans une pièce exiguë qui pour des raisons de sécurité ne dispose d’aucun hublot ; de loin, c’est l’endroit le mieux protégé du croiseur. Les murs sont tapissés de coffres de petites dimensions dans lesquels se trouvent déposés des dizaines de milliers de crédits ainsi que des objets récupérés lors de précédentes opérations « Mode Parcourir ». Sans l’ombre d’une hésitation, la jeune femme ouvre le coffre le plus près d’elle et entreprend d’examiner son contenu avant de passer au suivant, et ainsi de suite.

- Que cherchez-vous ? Je peux peut-être vous aider. Nous devons avoir un inventaire des coffres par ici.
- Je cherche un éclateur. Je vais en avoir besoin d'un sous peu, répond-elle sans se retourner.

C’est alors que le boîtier holocom portable du commandant se met à vibrer sur la fréquence ultra prioritaire.
-Vous permettez ? demande-t-il, et sans attendre la réponse place l’appareil devant lui en le tenant à bout de bras. Allo ?
L’appel provient de son second qui dirige dans le poste de commande les manœuvres de décollage. Son visage s’inscrit maintenant sur l’écran de l’appareil du commandant. Il semble embarrassé.
- Commandant ? Nous avons retrouvé la liaison avec le QG. Nous sommes actuellement en communication avec…
- Et alors ? Vous ne savez pas que je suis occupé. Réglez ça tout seul !
- C’est que justement euh… l’appel vous concerne. Notre interlocutrice tient absolument à vous parler, mon Commandant. Je vous la passe.
- Attendez, je…

Mais le commandant n’a pas le temps d’achever sa phrase. Le second disparaît subitement de l’écran et son visage est aussitôt remplacé par celui de la Présidente & Directrice & Générale de la PIE-voleuse.

- Bonjour Commandant. Alors comment se déroule votre mission ? Notre contact s’est-il enfin manifesté ? lui demande Paloma avant de s’esclaffer. Mouahahahaha !
Incrédule, le commandant se retourne d’un bond. La première Paloma est là devant lui, hilare. Elle a un éclateur dans la main et le tient en joue.
- Mouahahahaha !
Image
Trésorière des Defenders
Avatar de l’utilisateur
Paloma
fait partie des meubles
fait partie des meubles
 
Messages: 760
Inscrit le: Sam Sep 23, 2006 14:16

Retourner vers Récits, Poèmes et Chansons

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron